

Je suis photographe et parfois plus, si affinités.
Depuis 1986, je circule entre l’image, le dessin, l’écriture et l’édition.
J'ai connu la presse underground, les magazines rock, les comix et la microédition.
Mes travaux ont notamment croisé les éditions 100, Mycose, Cheval de Quatre, Kick Comix et À Quoi Bon ?.
Je réalise alors illustrations, graphismes, décors, fresques et reportages, notamment dans les milieux de la musique, du nouveau cirque et de la bande dessinée.
Je photographie des artistes, des amis, des inconnus, des façades, des villes. Quelques reflets qui donnent à la réalité une seconde chance de mentir. Des choses qui commencent ou s’achèvent sans avoir la politesse de prévenir.
Ma pratique s’est construite dans les marges et les croisements : entre artistes et écrivains, musique et spectacle, dessin et photographie, édition et expérimentations.
Au fil de ce parcours, j'ai collaboré avec plusieurs auteurs et musiciens, parmi lesquels Régine Vandamme, Damien Verhamme, Béatrice Bourret-Spreux, François Salmon, Guillaume Bacart et Romain Dhainaut. J'ai également animé des ateliers de bande dessinée et de photographie, poursuivant une transmission qui, d'une certaine manière, accompagne mon propre parcours depuis ses débuts.
Pendant le confinement, j'ai photographié cinquante-huit amis à travers les fenêtres de leurs maisons. Ce n’était pas vraiment une métaphore. À l’époque, les métaphores étaient déjà suffisamment encombrantes comme ça.
Aujourd'hui, je travaille avec des artistes, des institutions culturelles et des projets sociaux ou documentaires. Je photographie le spectacle vivant, l’architecture, les territoires et parfois des gens qui préféreraient ne pas être photographiés — ce qui est souvent le meilleur moment pour commencer à les regarder.
Mon travail s’est construit à Tournai mais ne s’y est jamais enfermé. Il y a surtout les rues, les traces, les errances, l'énergie des villes d’Europe Centrale et cette étrange habitude de rentrer chez moi avec davantage de questions qu’en partant.
En 2025 paraît Séclusions Modernes, second carnet publié par les éditions À quoi bon ?, structure éditoriale créée pour accompagner mes expérimentations photographiques. Le projet parle de retrait, d’isolement et de transformation, mais surtout de cette drôle d’idée selon laquelle disparaître un moment du monde pourrait permettre de mieux le regarder.
Je ne cherche pas nécessairement à expliquer ce que je photographie. Je me méfie des images qui arrivent avec leur mode d’emploi. Je préfère les photographies qui laissent une porte ouverte, même lorsqu’il n’y a personne derrière.
Je crois fermement aux fantômes, d’ailleurs, j'en connais.
